The Offspring – Let The Bad Times Roll

The Offspring - Let the bad times roll album

Date de sortie : 16 avril 2021

Genre : Punk-rock

Label : Concord Records

https://www.offspring.com/

Ils en auront mis du temps, mais ça y est : les musiciens de The Offspring présentent enfin Let The Bad Times Roll, leur dixième album. Après une bien longue pause, on se demandait s’il sortirait un jour. Au programme, rien de très surprenant c’est vrai : du Offspring étalé sur 12 titres, le tout expédié en une trentaine de minutes. Les premiers retours sont mitigés : qu’en est-il vraiment ?

De nombreux contretemps, une écriture interrompue par des tournées et une pandémie… Accouchement difficile, mais ça y est, le bébé est sorti ! Pour l’occasion, quelques changements notables : nouveau label (Concord Records) et nouveau bassiste (absent sur l’album) en la personne de Todd Morse (H2O). Ont-ils un impact sur la direction empruntée ? Car les derniers albums, notamment Days Go By (2009), avaient déçu la presse spécialisée et un certain nombre de fans. Trop rock, pas assez punk… En essayant de se diversifier, le groupe n’avait pas vraiment convaincu. Mais rester dans sa zone de confort induit aussi son lot de critiques… Pas facile la vie d’artiste, même après 30 ans de carrière et des millions d’albums écoulés, il faut prouver qu’on en a encore sous le capot. Évidemment, on n’est pas sur un American ou un Smash bis, mais sur un disque tout à fait correct qui trouve sa place dans le catalogue de la formation américaine.

Un punk-rock simple mais efficace

« This Is Not Utopia » envoie la sauce dès le premier couplet. Une rythmique punk rock, un refrain scandant une critique de la société américaine : les repères du genre sont présents. Et cela ne s’arrête pas là, car la galette est bien une collection de titres punk, classiques certes, mais infaillibles. « Army of One », pur produit du punk californien, diablement efficace avec sa guitare surf, nous ramène dans l’âge d’or des années 90. « Breaking Bones » et sa section rythmique appuyée, ou « Coming For You » sont pêchus, et démontrent que la bande est toujours en forme. Le rapide « Hassan Chop » est sans doute aussi l’un des titres phares de cet album.

D’accord, le groupe ne fait pas dans l’originalité, mais dans l’ensemble ça fonctionne. Que demander de plus ? C’est comme revoir un vieil ami après 10 ans : on est heureux de constater qu’il n’a pas changé ! Les singles issus de Let The Bad Times Roll sont à cette image : entrainants sans être révolutionnaires. « We Never Have Sex Anymore » est kitsch au premier abord avec ses cuivres, mais se révèle assez amusant. Dexter Holland y dépeint les relations amoureuses qui se retrouvent dépourvues de passion avec le temps. Et oui, s’ils font encore du punk comme lors de leur jeunesse, les mecs approchent les 60 ans… À savoir qu’une version française sous l’intitulé « Guerre sous Couverture » a été enregistrée, disponible sur l’édition japonaise (?) de l’album.

Quelques titres de remplissage ?

Enfin, deux reprises complètent l’album. Tout d’abord, « In the Hall of the Mountain King » morceau instrumental issu de la musique classique norvégienne dont l’air est connu de tous. Une revisite punk en une minute chrono assez fun, mais dispensable. Et puis, il y a « Gone Away », reprise ou plutôt réinterprétation du titre sorti en 1997 sur l’album Ixnay on the Hombre. Une chanson émouvante, déjà jouée dans cette configuration lors de tournées. Si ces deux morceaux ne sont pas désagréables, on regrette de ne pas avoir plus de morceaux originaux. Sans compter que « Coming For You » est déjà sorti en 2015, et la dernière piste « Lullaby » répète le thème de « Let The Bad Times Roll ». Sur 12 titres, nous n’avons réellement que 8 nouvelles compositions… Forcément, on reste un peu sur notre faim, surtout après une longue attente.

Pour son grand retour dans les bacs, The Offspring assure ses arrières avec un album sans risque. Le combo ne cherche pas à innover, et tant pis si on lui reproche de ne pas quitter sa zone de confort. Let The Bad Times Roll reste fidèle à son style. Malgré tout, pas sûr que ce disque devienne mémorable avec le temps : les quelques hits présents ne hisseront pas cet enregistrement parmi les classiques du groupe. Reste qu’il offre un bon moment de punk rock californien, parfait pour les journées ensoleillées de l’été, sur la route des vacances que l’on rêve tous d’avoir cette année…

The Offspring 2021
Photo : Daveed Benito/Presse/DR
Line-up :

Dexter Holland – Chant, guitare rythmique
Noodles – Guitare, chant
Todd Morse – Basse, chant
Pete Parada – Batterie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.