HULDER – Verbolgen

Date de sortie : 7 aout 2026

Label : Season of Mist

Genre : Black Metal

https://hulder-official.com

Vous aimez le Black Metal ? Vous aimez le paganisme et les ambiances flûte et feux de bois ? Vous aimez le chant féminin ? Moi oui. Alors trouver un groupe qui mélange tout ça, c’est du bonheur et ça s’appelle Hulder. Sauf la pochette, que je trouve vraiment pas belle mais bon…

Hulder, c’est le projet américano-belge porté par Marlies Beeuwsaert, qui ne vous laissera pas de marbre.

L’album s’ouvre sur un intermède de flûte et de crépitements de feu de bois, pour démarrer fort avec “The Crowning”. Un morceau directement inspiré par la vague Black Metal norvégienne des années 90 (à la Satyricon), mais propulsé par une production moderne, claire et percutante. On commence donc par du lourd : un trémolo picking incisif, une double pédale qui envoie, et ce chant bien rauque habilement contrasté par des envolées en voix claire. Un excellent titre.

Puis vient le second titre de l’album : “The Binding Oath”. Un Black Metal ralenti, atmosphérique et sombre, mené comme une véritable incantation où plane toujours cette petite ritournelle de flûte (et le problème, c’est qu’elle reste). Les guitares installent des mélodies hypnotiques qui nous enveloppent, et ce nouveau passage en voix claire fait mouche, totalement naturel et bienvenu.

Le titre éponyme, “Verbolgen” (caché), replonge droit dans les racines du Black scandinave brut et crasseux (vous avez dit Darkthrone ?). Porté par des riffs de guitare acérés et un tempo à décorner un bouc, c’est le genre de morceau agressif à souhait, taillé pour faire fuir tes voisins relous tout en te faisant secouer la tête avec un large sourire malsain.

La suite, “… and we shall sing”, pousse les curseurs un cran au-dessus en accélérant le rythme. Ça tabasse sec entre roulements de double pédale et blasts ! Le chaos s’installe, ramenant le Black Metal à son essence la plus viscérale. On gueule les paroles dans son salon devant 6 minutes de bonheur, enfin de malheur, enfin voilà : c’est du Black à l’ancienne pour jeunes gens modernes, car la production a le mérite de sonner large sans avoir été mixée dans sa cuisine entre deux sessions Thermomix.

On redescend en pression avec le morceau suivant : “In blood and in earth”, incontestablement celui qui me parle le plus et qui résume à lui seul pourquoi j’aime ce style. Une superbe introduction à la guitare acoustique, rejointe par la fameuse flutine, avant qu’un mur de guitares saturées ne vienne remplir l’espace pour envoyer un Black Metal des plus efficaces. Les nappes instrumentales s’imbriquent à merveille pour porter un chant habité : total banger ! C’est d’ailleurs par ce titre que j’ai découvert le groupe (oui, je suis en retard, ils en sont déjà à leur troisième opus).

Un fondu et hop, on enchaîne sur un titre en flamand : “Den nacht zijn lied” (la chanson de la nuit, du moins si mon flamand n’est pas trop rouillé). On replonge ici dans un Black Metal redoutablement efficace, quitte à flirter avec quelques clichés du genre. Mais avouons-le, c’est aussi pour cette signature qu’on écoute Hulder : ce grand écart permanent entre la propreté mélodique de l’école américaine et la noirceur hargneuse des traditions européennes.

On termine l’accélération avec le titre le plus menaçant de l’album, “View from Nemeton”. Les guitares se font plus massives, lorgnant presque du côté du death metal. La voix claire vient s’y poser et apporte plus d’ampleur au morceau sans jamais en éroder la férocité.

Quoi, c’est déjà la fin ? Ah mince… bon bah vivement la suite ! “The glow of dawn” vient clore cet album, entre tradition et modernité, entre accalmie mélodique et tempête rythmique.

Bref, cet album, c’est du Black Metal pour amateur éclairé (les puristes et autres « c’était mieux avant » n’aimeront pas, ce n’est pas grave). J’attends le prochain, qui corrigera, j’espère, le peu de défauts que j’y trouve : parfois un peu trop dans l’hommage, avec l’envie de s’éloigner de ses influences sans parvenir pour autant à les dépasser. Il faudrait aussi que j’écoute les 2 autres opus pour apprécier l’évolution du groupe. 

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