EYE OF MELIAN – Forest Of Forgetting

Date de sortie : 20 février 2026

Label : Napalm Records

Genre : Dreamlike Orchestral

Si tu aimes : Nightwish, Delain, Auri, Danny Elfman

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Depuis toujours, l’univers de la fantasy, et plus particulièrement celui imaginé par Tolkien, exerce une grande fascination sur de nombreux artistes. Cet imaginaire foisonnant, empreint de mysticisme et de féérie, trouve aujourd’hui un écho musical à travers le nouveau projet de Martijn Westerholt (Delain), Eye Of Melian.

La création du groupe est avant tout une histoire d’amitié. C’est lors d’une tournée avec Nightwish que l’idée d’un side-projet dédié à l’univers de Tolkien commence à naître dans l’esprit de Martijn. Encouragé par Tuomas Holopainen, leader de Nightwish, Martijn fait la connaissance de Johanna Kurkela, chanteuse finlandaise déjà connue pour être la voix du groupe Auri. Le projet prend forme petit à petit et les deux artistes sont vite rejoints par Robin La Joy, épouse de Martijn, parolière et chanteuse, et Mikko Mustonen, claviériste déjà très impliqué dans de nombreux arrangements pour Delain. Si les premières bases sont posées avant la pandémie, c’est durant cette période « de pause » que le projet commence réellement à se concrétiser, laissant à ses membres le temps nécessaire pour écrire, composer et affiner leur identité musicale. Le premier élément à être défini est le nom du groupe, directement inspiré de la figure mythique « Melian » du « Silmarillion » de Tolkien, personnage favori de Robin, dont le chant est réputé pour être le plus enchanteur de Valinor (ndlr : un des lieux les plus sacrés et emblématiques de la mythologie de Tolkien), quoi de mieux, finalement, pour représenter l’essence même du groupe.

Le quatuor sort un premier album, « Legends of Light », en 2022, entièrement subventionné via un financement participatif car les membres du groupe craignent de ne pas trouver un label, leur musique étant difficile à classer, à « enfermer » dans une case. Et pourtant, lors de la préparation de leur deuxième opus, « Forest of Forgetting », le groupe franchit une nouvelle étape en signant chez Napalm Records, déjà label de Delain. Une signature qui marque un tournant dans leur aventure musicale et qui rend hommage à leurs racines métal.

L’album compte douze titres, dont un morceau orchestral, « Nepenthe », ainsi qu’une version très personnelle du titre de Bruce Dickinson « Tears of the Dragon », choix fortement suggéré par Mikko, grand fan de l’artiste. Le multi-instrumentiste Troy Donockley, comparse de Johanna dans le groupe Auri et également membre de Nightwish, ainsi que la chanteuse allemande et joueuse de vielle à roue Patty Gurdy, viennent renforcer l’équipe sur deux titres, « Elixir of Night » et « Dawn of Avatar ». Deux présences qui enrichissent l’atmosphère féerique de l’album.

Dès les premières notes du morceau d’ouverture, « Of Willows and Shadows », on plonge dans un univers à mi‑chemin entre la musique symphonique et la musique de film. Sur l’ensemble des titres, tout semble conçu pour créer un paysage sonore et narratif, comme les progressions, les harmonies lumineuses, les cordes qui élèvent l’ambiance et créent un espace où l’on peut bâtir son propre monde imaginaire, les chœurs éthérés et les rythmes parfois épiques, à l’image du morceau « Dawn of Avatars ». Si l’influence de Tolkien demeure, certains arrangements me rappelle un autre univers cinématographique, celui des films de Tim Burton, non pas par l’esthétique gothique mais par cette sorte de féerie mi-mélancolique, mi-dramatique, comme si la beauté cohabitait avec l’étrange. Cette orchestration presque céleste donne l’impression qu’une douceur apparente dissimule une profondeur bien plus sombre, particulièrement sur les titres « Symphonia Arcada », « Blackthorn Winter » ou encore « Lady of night ».

Les textes sont nourris d’un imaginaire mystique, nocturne et très introspectif. Ils forment une sorte de conte musical dont les thèmes principaux sont la quête de soi, la nature comme guide, la renaissance. Car « Forest of Forgetting » est une forêt de l’oubli un peu étrange, où l’on dépose ses inquiétudes à l’entrée pour ne garder que l’essentiel. Johanna devient alors notre guide. Sa prestation n’est jamais dans la démonstration, sa voix est pure, cristalline. Elle ne force pas mais accompagne toujours la mélodie, la renforce dans la magie, avec cette voix qui semble toujours déambuler entre deux mondes.

Avec « Forest of Forgetting », Eye of Melian construit un langage, affirme sa direction musicale et consolide son identité. C’est un album onirique, légèrement plus sombre que le premier, composé comme un refuge sonore où la beauté et l’ombre cohabitent. Avec cet opus, le groupe montre qu’il a trouvé un équilibre parfait entre les orchestrations, les textures instrumentales et la voix si caractéristique de Johanna. C’est un album où l’imaginaire devient un véritable espace de réconfort et de contemplation.

Artwork : Jan Yrlund

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