
Date de sortie : 23 octobre 2026
Label : Klonosphère
Genre : Post-Rock instrumental
Si tu aimes : This will destroy you, Mono, We lost at Sea, Russian Circle
Could Seed, ou quand un simple délire entre amis finit par se transformer en véritable projet musical. Ce qui n’était au départ qu’une manière de s’occuper durant la période du Covid est devenu au fil du temps pour le quatuor manceau un véritable projet à part entière. Composé de Thomas Magloire à la basse, Dimitri Even et Jordan Jupin aux guitares, et Elie Chéron à la batterie, le groupe réunit des musiciens qui évoluent déjà dans des projets musicaux parallèles tels que le groupe Hamasaari. Forts de leur expérience et de leurs influences musicales (il y a deux ingés son au sein du groupe), la formation gère entièrement l’écriture de ses compositions, et l’intégralité de l’enregistrement et du mixage de ses albums. Le projet repose sur un post-rock instrumental et sur des valeurs d’espérance et de joie, le tout fonctionnant comme un véritable travail d’équipe où les instruments dialoguent entre eux comme dans un orchestre. Le groupe croit en la magie du direct et, par conséquent, enregistre ainsi tous ses morceaux en live, sur l’instant. En 2021, c’est la sortie de Mirage, premier EP de la formation avec quatre titres qui découlent de plusieurs résidences de composition. 3 ans plus tard, sort le merveilleux The Drop Crisis chez Klonosphère, gros coup de cœur personnel, vous l’aurez compris, qui comporte alors 7 titres.
Le quatuor poursuit aujourd’hui sa route avec Terminal, un album qui s’articule autour de ce qui semble être un voyage intérieur. Les titres, Héraclès, Minotaure, Druides, Oracles renvoient à des figures qui touchent l’imaginaire mythologique et archaïque. Elles sont associées à l’initiation, à l’épreuve, à la transformation, à la découverte de soi. Derrière ces références semble se dessiner un fil conducteur, celui d’un cheminement personnel où tout est en mouvement.
Cette notion de mouvement traverse tout l’opus. Les morceaux donnent constamment l’impression de se transformer, de nous faire passer d’un état émotionnel à un autre. Certaines compositions ont une « double nature », une dynamique qui fonctionnepar vagues, avec un jeu constant entre accalmie et tension, lumière et puissance, comme si les extrêmes dialoguaient ensemble sans s’opposer (Atlas, Minotaure). Sur le titre Pangaea, le groupe semble construire deux morceaux en un seul, puisque se développent progressivement deux dynamiques différentes entre atmosphère éthérée et psychédélique. Les guitares ne fonctionnent pas de la même manière, une qui construit l’espace et une autre qui apporte du relief par des riffs répétitifs presque hypnotiques. Sur Atlas, la batterie et la basse structurent la dynamique du morceau et guident les transitions. Elles participent toutes deux à cette notion de mouvement en accompagnant les montées en puissance. Et cette notion de puissance justement s’exprime pleinement sur Orion, titre faisant figure d’exception en traduisant un sentiment de colère avec une approche musicale très frontale du début à la fin.
Pour faciliter notre immersion dans les morceaux, Could Seed s’appuie régulièrement sur des sons, électroniques et naturels (cours d’eau, etc.), et sur l’utilisation de réverb. Présents notamment sur Atlas, Minotaure et Oracle, ces éléments installent une atmosphère qui permet de nourrir notre imaginaire.
Oracle, le morceau le plus court de l’album, apporte d’ailleurs une très belle conclusion à l’ensemble. D’abord porté par des riffs et une dynamique très terrestre, le titre s’ouvre progressivement vers quelque chose de plus aérien et atmosphérique. Terminal s’achève alors dans une forme d’élévation.
Avec Terminal, Could Seed prend en assurance et continue de peaufiner et d’étoffer son identité musicale. La formation nous livre ainsi un album particulièrement riche en textures qui, au travers de ses différentes atmosphères et dynamiques, semble dessiner les contours d’un voyage intérieur en perpétuel mouvement. Les morceaux évoluent comme les étapes d’un cheminement introspectif, alternant tensions, accalmies, lumière et puissance. Une approche qui permet de laisser une large place à notre imaginaire et à notre liberté de nous approprier ce voyage à notre manière.
Artwork : Ana Mady Sun
