
Date de sortie : 24 avril 2026
Genre : Metal Moderne
Label : DarkTunes Music Group
En chimie, HCNO désigne l’acide fulminique, un composé aux propriétés toxiques, utilisé notamment dans la production de munitions d’armes à feu et d’explosifs. Une seule détonation, et tout s’écroule… Parfois pour mieux reconstruire. En 2021, Dust In Mind semble avoir trouvé la bonne formule avec CTRL, un album aux sonorités hybrides entre metal alternatif et indus, très réussi. Alors en pleine ascension, le départ de la chanteuse Jennifer Gervais fait l’effet d’une bombe. Après quelques concerts maintenus avec l’aide de Jenny Olyster au chant, le groupe retourne travailler dans l’ombre, puis sort du silence en avril 2025 avec le nouveau single « My Way », début d’une année ponctuée de singles aujourd’hui réunis sur le nouvel album HCNO, premier d’une nouvelle ère.
« My Way » avait surpris. Dès les premiers instants, le groupe affirme une identité renouvelée. Exit donc le duo vocal et les sonorités industrielles. Le son est brut, plus agressif, la basse de Xavier est plus grave, la batterie de Thomas plus dynamique, et surtout, Dam tient désormais seul le micro. Les influences nu metal à la Korn sont totalement assumées, avec un côté metalcore sur un break assez lourd, mais sans jamais rogner sur la mélodie, toujours ultra catchy chez Dust In Mind. Un savant mélange qui évite les écueils du metal moderne actuel et distingue le groupe sur la scène française. « M.V.M.T.M.N. » poursuit sur un tempo un peu ralenti, mais s’inscrit toujours dans cette démarche, où le son est plus brutal et impactant. La composition alterne puissance et moments de répit, tandis que le chant, clair ou saturé, varie les tonalités. Le mix offre un équilibre appréciable entre chaque instrument. « T.IM.E » poursuit dans cette même veine, rappelant par moments leur grand frère américain.
Au centre de l’album, la puissance est de mise avec un tiercé des plus efficaces. Sur « A Faded Star », le refrain, rehaussé d’une harmonie, contraste avec un break à cent à l’heure, où la batterie blaste comme jamais auparavant, trouvant également un bon terrain de jeu sur « HNCO », pourtant très mélodique dans l’ensemble. L’urgence de « Unbreakable » installe d’emblée une tension retenue sur le refrain, pour mieux exploser lors d’un break intense, visuellement recréé un clip officiel époustouflant.
Moins attendu, « Downfall » présente le groupe sous un angle plus introspectif. Plus lent, le morceau distille une émotion palpable et offre un écrin sur mesure à la voix de Dam, qui s’impose enfin en tant qu’interprète, entre force et fragilité. Plus sombres, les textes expriment parfois l’égarement, l’enfermement, mais délivrent plus généralement un message d’émancipation et d’encouragement, incitant chacun à reprendre le contrôle et affirmer son identité.
Enfin, « Hollow Figure » conclut l’album de manière inattendue. Semblant y mettre toute la rage qu’il lui reste, le groupe choisit d’inclure des voix énigmatiques… Peut-être une façon de relier cet album à la suite ?
Plutôt qu’un changement radical, HCNO amorce une évolution, se connectant par moments aux productions précédentes. Malgré une approche beaucoup plus abrupte, les auditeurs pourront y déceler certains éléments et un sens aiguisé de la mélodie qui évoquent les derniers albums. Ajoutez à cela une influence metalcore et vous obtiendrez le Dust In Mind 2.0, authentique et sans artifice, dont l’énergie promet des lives intenses (une release party est prévue à Strasbourg le 16 mai). Seul bémol, mais là, c’est la fan qui parle, la tracklist est composée de seulement 9 titres, qui défilent à une vitesse folle. Alors forcément, on en redemande… Mais le groupe travaille déjà sur la suite. Ce n’est que le début.
