THE HARA – The Fallout

Date de sortie : 23 janvier 2026

Label : Mascot Records

Genre : Metal moderne

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Manchester, son club de foot ultra-titré, ses édifices médiévaux et … son groupe de metalcore ! C’est en 2017 que Josh Taylor, chanteur, Jack Kennedy, batteur et Zack Breen, guitariste, deviennent The Hara, un trio qui va très vite apprendre à avancer sans qu’on ne lui ouvre les portes.

Dès 2018, ils sortent un premier EP « No Regrets » puis enchaînent les tournées au Royaume-Uni durant deux ans. Ils se forgent sur scène et sortent en 2019 deux EP, « Unconscious Mind Innocently Blind » et « Tramp Brain », suivis en 2020 de « We are the Movement ». Malheureusement, la pandémie vient mettre un sérieux gros coup de frein à leur ascension et ils se retrouvent, comme la plupart des groupes, dans l’obligation d’annuler plusieurs dates de concert. Pour autant, le trio décide de mettre à profit cette pause forcée en composant de nouveaux titres, mais aussi en organisant un concert virtuel, histoire de maintenir le lien avec le public. Parallèlement, ils se mettent en scène dans de nombreuses vidéos sur les réseaux et deviennent viraux, notamment sur Tik-Tok. Leur popularité explose et, en 2021, à la réouverture des salles, le groupe sort un nouvel EP « We all wear black », et programme par la même occasion une nouvelle tournée… Autant battre le fer tant qu’il est chaud ! C’est un succès, ils enchainent les festivals, sortent enfin un premier album, « Survival mode » en 2023, et font même la première partie des Sum 41 et de Ice Nine Kills.

La musique de The Hara est un savant mélange d’influences multiples : rock alternatif, metalcore, emo, et parfois même electro-punk, un vrai chaos sensible dont les textes, écrits majoritairement par le chanteur Josh Taylor, sont le reflet d’un dialogue intérieur, d’un combat permanent pour s’accepter soi-même. 2026 marque donc le retour du groupe avec un second album, « The Fallout », mais aussi une signature chez le label Mascot Records, spécialisé dans la musique alternative rock et metal, où le groupe retrouve une certaine liberté et indépendance artistique, celle qu’il prône tant depuis ses débuts et qu’il n’avait pas avec son précédent label. Car le trio étouffe vite s’il ne se sent pas totalement libre dans son approche artistique et créative.

« The Fallout » est un album à fleur de peau, composé de douze titres courts, percutants, qui ne dépassent pas les 3 min 50. Le message véhiculé doit être clair, efficace, chaque morceau va droit au but. Avec cet opus, le groupe pose sur la table, avec sincérité, tout ce qu’il a sur le cœur. De la pression sociale (« The System »), du rejet du conformisme (« Trophy »), la quête d’authenticité et l’autodestruction (« Easier to die »), la difficulté à trouver du sens (« Monster & Demons »), les relations toxiques (« Stay », « Violence »), la dépendance affective et les démons intérieurs (« Bury Me », « Psycho Killer »). Le trio dresse également un portrait au vitriol de l’industrie musicale actuelle (« Kings », « Twist the Arrows »), de ses promesses fragiles et de l’identité artistique qu’il faut défendre coûte que coûte. Un ensemble sombre, viscéral et profondément authentique.

Musicalement, chaque titre possède son propre univers et sa propre identité. The Hara expérimente et collabore d’ailleurs pour la première fois avec le groupe As December Falls, leur tout premier featuring, sur le titre « Violence ». Chaque instrument joue un rôle bien spécifique dans la dynamique des titres. La batterie impose son rythme, sa cadence, elle commande, elle instaure une marche presque martiale. La guitare, construite sur des riffs courts, parfois saturée, parfois atmosphérique, porte et renforce la voix dans l’émotion. La voix de Josh exprime la colère, la tension, la lucidité, la fragilité. C’est le centre émotionnel de l’album, toujours à la frontière entre rage et vulnérabilité. Les morceaux sont construits dans une certaine ambivalence, alternant retenue et explosion. Certains titres démarrent dans la douceur avant de se « fissurer » (« Stay », « Twist The Arrows », « Bury Me »), tandis que d’autres instaurent une énergie brute dès les premières notes (« Trophy », « Intergalactic Sabotage »). Les effets de voix, les ruptures rythmiques, les refrains qui éclatent (« Easier To Die », « Psycho Killer ») créent une dynamique imprévisible. Le trio aime créer la surprise.

Avec « The Fallout », le groupe nous embarque dans son univers, impose son style, affirme son identité et signe un album sincère qui ne cherche pas à plaire, mais à dire et à dénoncer. Dans cet opus, la révolte n’est pas un simple sujet, elle est une signature, une manière de vivre un morceau, d’expulser une colère et une émotion étouffante. C’est un album aux allures de thérapie, dans lequel le groupe transforme ses failles en musique et se met à nu. The Hara réussi à créer un son hybride, comme une sorte de chaos hypersensible, pour en faire son ADN.

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