SKÁLD – Ørlog

Date de sortie : 25 septembre 2026

Label : Napalm Records

Genre : Pagan Folk / Neofolk

Si tu aimes : Heilung, Faun, Wardruna

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Ce n’est peut-être pas un hasard si le groupe de pagan folk français Skáld a choisi la semaine de l’équinoxe d’automne pour dévoiler son quatrième opus, Ørlǫg. Alors que les jours raccourcissent et que nous plongeons peu à peu dans la partie la plus sombre de l’année, qu’y a-t-il de mieux pour se mettre dans l’ambiance que de convoquer les esprits anciens et nordiques ? Car depuis la sortie de son premier album, Le chant des Vikings, en 2019, Skáld façonne un univers mêlant mythologie nordique, poésie ancienne et chants en vieux norrois, langue ancêtre du danois et du norvégien, le tout prenant vie au son des violons, tambours, vièles nordiques ou lyres. Un véritable hommage aux peuples du nord et à ses légendes, qui se poursuit en 2020 avec la sortie de Viking Memories, consacré cette fois-ci aux mythes nordiques liés à la mer et au voyage. En 2023, le groupe continue ses explorations avec un troisième album intitulé Hudulfólk, qui aborde le thème des peuples cachés (elfes, esprits invisibles) et leur coexistence avec les êtres humains. Après avoir publié ses trois albums chez Decca Records France, Skáld ouvre un nouveau chapitre avec Ørlǫg en signant chez Napalm Records. Ce n’est cependant pas l’unique changement. Si la formation s’articule toujours autour de son créateur, Christophe Voisin Boisvinet, producteur et compositeur du groupe, elle a néanmoins connu de nombreux changements de line-up. En 2025, elle accueille ainsi Marie Potosniak, qui vient renforcer les équipes au chant et au violon.

Même si Skáld ne délaisse pas les légendes nordiques des opus précédents, le groupe change son fusil d’épaule avec Ørlǫg, signifiant « Trame du destin », en concentrant les thèmes de l’album sur l’être humain et les conséquences de ses choix. La mythologie devient alors un moyen d’interroger notre rapport au destin et notre libre arbitre. Ainsi, le titre d’ouverture Draumakona, basé sur l’histoire de la reine Ragnhildr capable de lire l’avenir dans les rêves, questionne la place de notre libre arbitre face à un destin qui semble tout tracé. Les morceaux Myrkviðr et Ratatoskr rappellent que nos actes et nos paroles entraînent des conséquences et peuvent influencer le cours des évènements. Trois titres qui nous permettent donc de comprendre que nous ne sommes pas soumis à notre destin, mais que nous participons pleinement à sa construction.

L’album aborde également le thème du courage nécessaire pour tracer sa propre voie. Les titres Dǫkksalir et Útgarðr nous confrontent ainsi à l’inconnu et à la nécessité de sortir de sa zone de confort, tandis que le morceau Ek skal ríða invite à continuer d’avancer même lorsque tout s’écroule autour de soi. Le titre Himinbjǫrg évoque davantage la connaissance de ses propres limites, alors que le morceau Heiemo og Nykkjen met en scène le refus d’un chemin imposé par autrui. L’album se conclut avec le titre Eldr ok íss, c’est la rencontre du feu et de la glace, mais aussi l’union des contraires par laquelle émerge le renouveau.

Musicalement, nous sommes en immersion totale dans les compositions. Une attention toute particulière a été portée sur la réalisation des atmosphères et des ambiances. Les sons ont été enregistrés pour la plupart en pleine nature, dans l’eau, en forêt, afin de rester le plus fidèle aux milieux naturels. Sur le titre Dǫkksalir, le clapotis de l’eau fait office de percussions aquatiques et accompagne ainsi des cordes plus dansantes, tandis que les voix masculines installent progressivement une tension derrière le chant féminin. Cette opposition entre les voix devient d’ailleurs un véritable outil de dramaturgie tout au long de l’opus, car plus que des chants, les voix deviennent des personnages. Alors que les voix féminines apportent souvent une lumière et une douceur, amplifiées par les cordes, les voix masculines se font plus profondes, menaçantes ou annonciatrices d’un danger, comme sur les titres Ratatoskr ou Útgarðr. Les percussions jouent, elles aussi un rôle essentiel, elles rythment et accentuent la tension. Elles donnent parfois aux morceaux une dimension presque incantatoire, très marquée sur le titre Himinbjǫrg. Sur Ek skal ríða, les chants féminins et masculins sont réunis en une seule voix, l’ambiance se fait alors plus inquiétante et nous transporte dans une atmosphère presque guerrière, portée par des percussions évoquant le galop d’un cheval. L’ensemble des compositions donne ainsi l’impression que chaque titre possède sa propre narration sonore.

Avec Ørlǫg, Skáld donne vie à un véritable recueil de contes nordiques. Chaque morceau déploie sa propre narration et son enseignement. Le soin apporté aux ambiances, aux sonorités naturelles et au jeu des voix renforce cette impression d’un livre prenant vie. Derrière chaque titre se dessine une réflexion universelle sur nos choix et leurs conséquences. Ørlǫg nous invite ainsi à ne pas subir passivement notre destinée, mais à trouver le courage d’y prendre part et d’en tisser nous-mêmes la trame.

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