
Date de sortie : 15 mai 2026
Label : Klonosphere
Genre : Alternatif/Metal
Si tu aimes : Puscifer, Radiohead, Nine Inch Nails, Queens Of The Stone Age
Deux ans après un premier EP, « It comes from the inside » sorti en novembre 2024, le quatuor niortais Kaederic revient avec « Dazzling Horses », un nouvel EP de quatre titres. L’histoire du groupe commence en 2023, autour de son créateur, Cédric Boucher, chant et guitare, ancien membre des forces spéciales et porté par une longue expérience musicale notamment au sein du groupe Aleste dans les années 90. Après des années de silence et quelques compositions en suspens, il souhaite rependre la musique dans un nouveau projet. Grâce au bouche- à-oreille, il fait la connaissance de trois musiciens, Mathieu Orain (guitare), David Couturier (synthé), et Romain Bercé (batterie). Kaederic, dérivé d’une ancienne forme du prénom Cédric, prend vie !
Mais c’est la rencontre avec Romain Bercé en avril 2023 qui va marquer un tournant pour le projet. Batteur et habitué du travail en studio, notamment aux côtés de Klone et au mixage de leur dernier album « The Unseen », il va prendre en main l’enregistrement et le mixage des titres composés par Cédric. Leur collaboration se construit avant tout sur une amitié, une alchimie musicale et sur une compréhension mutuelle. Romain apporte donc une structure, une dynamique aux morceaux et une énergie qui se veut métal tout en s’affranchissant des codes du genre. Car la musique du groupe est avant tout un son hybride, nourri de multiples influences et porté par les textes autobiographiques de Cédric.
C’est dans cette continuité que s’inscrit « Dazzling Horses ». Ici, les thèmes abordés forment un ensemble centré sur les tensions intérieures et les dérives qui traversent nos sociétés.
Le titre, « Lie », qui ouvre le bal, aborde le mensonge sous toutes ses formes, celui que l’on dit aux autres, celui que l’on se raconte, celui qui finit par détruire une relation comme un poison. Le morceau commence par quelques accords de guitare avant d’exploser dès la dixième seconde. La voix en est le centre. Elle est grave, accusatrice, elle revendique un « because of your lie » qui sonne comme un verdict. Dans le refrain, elle s’élève, plus fragile, plus aiguë. Cédric y déploie toute sa palette vocale et émotionnelle. Les riffs répétés créent une impression d’obsession, renforcée par des touches indus qui ajoutent de la rugosité. Le mot « Lie » agit comme un rappel accusateur et oppressant.
Le second morceau,« Pearls of Blood », reprend une dynamique proche du titre précédent et dénonce la surconsommation. Celle-ci est mise en musique par des arrangements qui donnent un ton mécanique à la composition, comme une machine qui tourne sans fin jusqu’à l’effondrement. La batterie maintient la pulsation, appuyée par des riffs répétitifs, tandis que la voix dénonce (« exotic, erotic, despotic » etc.) et nous emporte dans une sorte de spirale.
Avec le titre « Brother », le groupe aborde le sujet sensible du droit à mourir. Le morceau joue sur l’alternance entre vulnérabilité et rage. Moins frontal que « Lies » et « Pearls of Blood », il s’ouvre de manière posée avant de monter peu à peu en pression dès la seconde minute pour se refermer sur les mêmes accords qu’à l’ouverture, comme une boucle qui se clôt.
Enfin pour clôturer cet EP, le groupe accueille sur le morceau « Horses » un guest, Nicolas Liesnard, à la basse et au clavier. Ici, c’est la métaphore du cheval qui est utilisée pour suggérer les substances, l’addiction. Les accords d’ouverture évoquent immédiatement un galop. La mélodie s’enroule sur elle-même et accélère progressivement. La monture porte, puis domine, puis s’emballe. La pulsation s’intensifie, la course devient frénétique.
Kaederic nous propose donc avec « Dazzling Horses » un EP sensible et introspectif ancré dans une dynamique où fragilité et rage cohabitent. Le groupe retranscrit un vécu, met ses pensées en musique avec une vive sincérité, et explore les failles et les tensions que chacun porte en soi. Un second EP pensé comme une plongée dans les combats personnels et les zones d’ombre, où l’émotion reste le fil conducteur.
Artwork : Cédric Boucher
