BEARTOOTH – Pure Ecstasy

Date de sortie : 28 août 2026

Label : Fearless Records

Genre : Metalcore, Punk hardcore, Rock Moderne

“ I had the words in my mouth, I didn’t know what to say. What if I told you something I never could say to me?”, (« J’avais les mots dans ma bouche, je ne savais pas quoi dire. Et si je te disais quelque chose que je ne me suis moi-même jamais dit »). Avec ces mots, extraits du premier single « Free », le groupe de hardcore américain Beartooth dévoile l’album le plus intime de sa carrière. En effet, la sortie s’accompagne du coming out récent du leader Caleb Shomo, annonçant son homosexualité. Une belle manière de mettre en lumière tout ce qu’il a dû refouler depuis des années.

Et, assurément, Pure Ecstasy est plus que lumineux, de par les nombreux messages d’espoir qu’il véhicule : l’acceptation de soi dans « Free» , « I made It » traite de la réussite personnelle, quant à « Eyes Closed » relate la découverte du vrai « soi ». De manière générale, le groupe se livre à cœur ouvert tout au long de l’album et l’on comprend tout particulièrement que Caleb y a mis toute son âme, ses peines et sa fierté.

Aussi, le quintette s’ouvre à de nouvelles sonorités, un peu plus électroniques et pop (comme pour faire écho, encore une fois, à la luminosité) ; par exemple, « Beautiful Again » a des allures de tube pop-rock/emo des années 2010 à travers sa rythmique à la guitare en aller-retour, puis en palm mute en double croche. La mélodie est également très chantante, due notamment au chant clair (le chant saturé étant en back avec des effets chorus et fade in/out).

« Stadium » est le morceau du projet qui compte le plus d’inspirations différentes, avec même des influences gospel comme on peut l’entendre à la fin du morceau au clavier (effet orgue) et une boîte à rythmes aux échos très R&B des années 90/2000, ce qui change complètement de ce qu’on peut retrouver dans ce genre de musique alternative, mais néanmoins très bien intégré à ce titre. Le débit des paroles est, aussi, un peu plus rappé, en chant clair et saturé, un exercice dont Caleb est d’ailleurs habitué, ce qui décuple l’énergie du morceau et lui donne une force incroyable.

Le groupe garde néanmoins tout ce qui lui est caractéristique comme des guitares lourdes et très saturées, une batterie stridente et un chant toujours plus déjanté, dynamique et essentiellement dans l’urgence. Et bien sûr des breakdowns lourds et graves à s’en décrocher la tête.

D’un point de vue plus personnel, cet opus m’a laissé plus ou moins sur ma faim, tant musicalement que dans sa contenance même. Je trouve les sujets abordés de plus en plus redondants et pas du tout variés. La santé mentale est, évidemment, super importante à aborder de manière générale dans notre société, mais le fait que ce soit le seul et unique élément abordé risque de devenir un peu superflu. Notamment, parce que cela concerne spécialement Caleb et que les autres membres passent à la trappe. La musicalité est aussi déroutante par rapport aux précédents albums de Beartooth, en effet, les sons sont plus lissés et parfois pas assez violents, metal à mon goût. Ce qui, à contrario, peut amener un public plus large et diversifié à les découvrir. Ce qui est certain, c’est que l’opus mérite à ce qu’on s’y penche à deux fois (voir plus) pour finir à l’apprécier.

La grande force de Pure Ecstasy est sa grande diversité d’influences qui enrichissent l’album de bien des manières. Ce qui peut décontenancer à la première écoute pour des personnes ayant l’habitude d’un Beartooth un peu plus hardcore/metalcore, mais qui, lorsque l’on veut égayer sa journée réussit à amener un peu d’éclaircie dans celle-ci.

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