ARTIFICIAL WAVES 2026 : retour sur la troisième édition

Créé seulement il y a deux ans, le festival Artificial Waves se positionne déjà comme l’un des rendez-vous metal incontournables de Touraine, mais aussi des fans de la nouvelle scène metal. Dédié exclusivement à la scène metal moderne/metalcore, l’évènement a réussi dès sa première édition à proposer une programmation de qualité, invitant des groupes renommés de la scène française comme Revnoir, Resolve, Ashen, Dust In Mind, Spleen, ou encore les Belges de Ice Sealed Eyes. Portée par l’engouement des fans, l’organisation a voulu aller encore plus loin cette année : changement de salle, jauge plus importante et groupes internationaux.

C’est ainsi que samedi 30 avril 2026, le rendez-vous était donné non plus au 37e Parallèle, mais à L’Escale de Saint-Cyr-sur-Loire, à proximité immédiate de Tours. La salle de spectacle n’a pas vraiment l’habitude de programmer des évènements metal, mais elle permet malgré tout d’assurer un concert de façon optimale en ce qui concerne le son et les lumières, permettant de se mettre dans l’ambiance sombre du metal dès 15h, loin du soleil plombant de cette journée particulièrement chaude. Nombreux étaient ceux déjà présents à l’ouverture des portes de cette édition affichant complet, comme la précédente.

TYRANT BREAKER

Cette troisième édition du festival débute avec Tyrants Breaker, jeune groupe de metal moderne formé seulement en 2023. Malgré déjà une bonne expérience studio avec un album sorti en 2024, puis l’EP v3nxm en 2025, il ne s’agit aujourd’hui que du deuxième concert du quatuor ! Le public est déjà bien présent pour découvrir le groupe live, créant déjà une belle ambiance dès le début de cette après-midi. Le groupe glissera dans sa setlist son dernier single, et même une exclu. Portée par le scream d’Hugo, le metalcore aux relents deathcore du combo lance cette édition avec puissance. A noter que le groupe a bénéficié d’un temps de jeu plus que correct avec une dizaine de titres même s’il a fait l’ouverture du fest. Une bonne découverte.

SUNBORN

16h20 : il est l’heure pour les Montpelliérains de Sunborn de monter sur scène. Le groupe aux visages masqués a déjà fait ses armes en partageant la scène avec Spleen et a annoncé une nouvelle tournée européenne avec Atlas. Bref, Sunborn, c’est l’un des groupes français qui montent, comme le confirme leur récente signature avec le label américain Solidstate Records (Fit For A King, Norma Jean, The Devil Wears Prada…). La musique du quatuor se plait à jouer des contrastes, ou quand des mélodies quasi planantes portée par un chant clair aérien sur fond atmosphérique ou électronique se heurtent à des screams sur breaks ultra lourd (écoutez « Nebula » ou « Glacier »).

SOLITARIS

Le troisième et dernier groupe français à jouer aujourd’hui est Solitaris. Leurs fans ont déjà pu les voir sur pas mal de festivals dont le Hellfest en 2024 ou le Motocultor 2025, ou encore en tournée avec Ten56., mais comme tous les artistes présents ce soir, c’est leur première date à Tours, et on ne boude pas notre plaisir de recevoir de tels groupes ! Avec Solitaris, l’ambiance prend une tournure bien dark. Bougies, tenues noires, visages masqués et messages d’outre tombe sur des écrans. Egalement masqué, le groupe cultive le mystère en évitant toute communication, comme pour ne pas briser un rituel, jouant tous ses morceaux d’une seule traite, si bien qu’il est parfois difficile de différencier un break d’un changement de titre. Qu’importe, nous voici plongé dans un metal sombre aux influences industrielles. Froid, percutant, lourd, le metalcore de Solitaris est une expérience qui a captivé l’audience, notamment par la présence de son chanteur screameur, et de son guitariste à la voix claire. Le groupe propose de nombreuses autres dates dans toute la France cette année : allez-y !

AVRALIZE

Nous entrons maintenant dans la deuxième partie du festival. Cette année, le Artificial Waves a convié trois groupes allemands. Le premier d’entre eux est Avralize. Si Solitaris nous a plongé dans un metalcore à la noirceur abyssale, Avralize nous emmène à l’opposé, dans une atmosphère légère et colorée. Avec deux albums au compteur dont le tout dernier, Liminal, sorti en novembre chez Arising Empire, label allemand spécialisé en metal moderne (Landmvrks, Annisokay, Thrown…), Avralize a déjà écumé pas mal de scènes européennes, les menant à une programmation au Wacken 2025. Celle de ce soir est plus modeste, mais l’ambiance est là, le public étant visiblement ravi d’accueillir des groupes de cette trempe, une partie reprenant même en chœur les paroles. Les Allemands délivrent donc un metal moderne pop, joyeux et feel good qui donne envie de danser… ou de se laisser aller à un wall of death sur les parties les plus agressives. Cette date n’était que sa deuxième en France, mais le groupe revient à Paris en novembre avec Allt.

THE NARRATOR

On continue d’explorer la scène allemande avec The Narrator Le nouvel album Phosphor, produit par Ted Jensen (Bring Me The Horizon, Green Day, Korn…) est tout juste sorti le 8 mai sur Nuclear Blast ! Avec un tel pedigree, nous nous attendons légitimement à une prestation de haute volée, qui nous réservera quelques surprises. Le groupe distille un metalcore dans l’air du temps, jouant du contraste entre puissance et mélodies entêtantes, avec d’un côté, le chanteur Fabian pour la voix saturée, de l’autre le chant clair du bassiste Rob. Les musiciens jouent quelques-uns de ses derniers singles comme « Iron Grip », « Aurora », pour le plus grand plaisir du public, répondant aux sollicitations d’un groupe très communicatif. Mais l’un des points forts de la setlist ce soir sera sans doute deux autres morceaux avec des featuring live, les mêmes que sur albums, Ainsi, Sever de Avralize reviendra sur scène sur le titre « Stasis », et Maik de Elwood Stray fera une apparition sur « No Answer », morceau tiré de Lore sorti en 2024. Heureux hasard, ou gage d’une programmation très réfléchie par les organisateurs ? En tout cas, la complicité de ces trois groupes a offert de bons moments qu’on ne reverra peut-être pas de sitôt !

ELWOOD STRAY

Il est 22h30 et Elwood Stray pour conclure cette longue journée, qui est finalement passée assez vite, même si la fatigue commence à se faire sentir. Sur scène, l’énergie est belle et bien là : Maik déboule prêt à en découdre, accompagné par Fabian de The Narrator sur le titre “No Cure”, sorti en 2023 sur l’album Gone With the Flow. Le show présentera aussi des morceaux issus du dernier album Descending (2026) disponible via Out of Line Music, comme « Genesis » ou le punchy « Error » (feat Our Mirage sur album). Le mix des styles chez Elwood Stray fonctionne très bien en live, passant aisément de breaks bien hardcore à des refrains rock imparables chantés par le guitariste Fabi. Dans le pit, tout le monde bouge, les slams s’enchaînent, chacun présent ce soir profite de la présence d’un groupe international qui foule pour la première fois nos terres tourangelles. Une conclusion festive et intense qui nous laisse avec une seule envie : revenir pour une nouvelle édition de ce festival qui monte en puissance !

Tous nos remerciements et nos félicitations aux équipes du Artificial Waves pour le travail accompli et pour nous avoir encore offert une belle programmation. Brutal, froid, atmosphérique, pop ou mélodique : loin d’être monotone, le metalcore se révèle plus riche et varié qu’il n’y parait.

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