
Date de sortie : 13 février 2026
Label : Napalm Records
Genre : Metalcore
Cela fait quelques années maintenant que le metalcore a le vent en poupe, et sa popularité ne semble pas prête à s’essouffler. Certains déplorent une uniformisation du style, du son à la direction artistique, au détriment d’une identité propre à chaque groupe. Pourtant, des artistes parviennent encore à sortir du lot en proposant leur vision. C’est le cas de Space of Variations, groupe ukrainien formé en 2009. Après plusieurs productions indépendantes, le groupe est repéré par Napalm Records et sort en 2022 Imago, un album remarquable de par son approche du genre singulière. Quatre ans se sont écoulés, le temps de peaufiner Poisoned Art, un album à la qualité irréprochable.
L’introduction de « Tribe » donne immédiatement le ton : nappes électroniques, percussions tribales et voix samplées installent une tension palpable avant l’explosion d’un metal massif, porté par le chant saturé de Dmytro « Dima » Kozhukhar. La tempête se dissipe pour laisser place à des paroles en ukrainien, chantées par Olexksii « Alex » Zatserkovnyi, également guitariste, sur une atmosphère synthétique et épurée. L’une des principales caractéristiques de la musique de Space of Variations est l’ajout d’influences hors metal. « Coldheaven » s’imprègne d’une vibe hip hop, tandis que la musique électronique est présente sur l’ensemble de l’album. Tantôt discrète, elle s’immisce pour laisser respirer les morceaux sur des parties mélodiques comme sur «Tribe », ou s’impose sur l’expérimental « Snake Skin », presque indus, ou l’atmosphérique « Echo », outro instrumental qui referme l’album.
Si les textes explorent des thématiques sombres, comme la détresse, la perte de foi, la dépression, la musique joue habilement sur le contraste entre la violence du metalcore et des mélodies accrocheuses. « Mayday » incarne l’urgence à coups de riffs lourds et de screams incisifs, tandis que « Parallel Realities » ralentit le tempo pour mettre en avant un chant clair et des guitares plus aériennes. Cette dualité s’exprime pleinement à travers les voix complémentaires des deux chanteurs, capables de transmettre autant la rage que l’émotion sur « Lies » ou l’excellent « Ghost Town ». Le groupe excelle dans l’art du refrain efficace et mémorable, comme sur le single « Halo ».
Sacré deux fois meilleur groupe de metal au BUMA Awards ukrainiens, Space of Variations se présente avec Poisoned Art comme l’un des meilleurs représentants de la scène metal dans son pays, mais aussi à l’international. Ce nouvel album se distingue par sa qualité d’écriture, sa production claire et son exécution parfaite. Déjà l’un des meilleurs albums metal(core) de l’année.
Ne manquez pas le groupe en concert en France très prochainement (avec Spleen) :
19.03.26 — Nîmes (FR) — Paloma
20.03.26 — Rodez (FR) — Le Club
21.03.26 — Romans-sur-Isère (FR) — La Cordonnerie
25.03.26 — Angoulins-sur-Mer (FR) — Le Crossroad
26.03.26 — Rouen (FR) — Fury Defends
27.03.26 — Ploërmel (FR) — Le Thy Roir
28.03.26 — Angers (FR) — MJC des Hauts de St Aubin
30.03.26 — Barberaz (FR) — Brin de Zinc
04.04.26 — Fontenay-le-Comte (FR) — Festival On n’a plus 20 ans (Le Off)
