
Date de sortie : 4 mars 2026
Genre : Deathcore
Label : Indépendant
La scène metal française se porte bien, laissant émerger de nombreux groupes et propulsant de plus en plus d’artistes vers le succès international. C’est peut-être ce chemin que va emprunter Kheos (c’est en tout cas tout ce qu’on lui souhaite), formation lilloise qui présente aujourd’hui son premier album, Oxymore. Avec son titre évoquant le contraste, l’opposition, cet opus se caractérise par une personnalité double, entre deathcore et metalcore.
« Immortal Warfare» nous propulse directement dans un deathcore brutal et sombre, auquel s’ajoutent diverses influences, portées par des arrangements symphoniques et électroniques. Accompagné par Hunter Blxck, vocaliste du groupe également lillois Solar Eruption, le quatuor déploie un metal puissant rehaussé par une production béton. « Wrath of Cronos » continue dans la même veine, à grand renfort de chant guttural, de riffs acérés… et d’un break à la lourdeur écrasante, le tout accompagné d’une mélodie lancinante en arrière plan. « Against the gods » introduit la mélodie via des notes de claviers entêtantes et un refrain où la voix se fait un peu plus claire. L’album poursuit avec une atmosphère plus cinématographique via une intro au piano, accompagnés de chœurs : « We Are Chaos » joue le contraste entre un metal brutal et des moments instrumentaux plus lumineux. Sans doute l’un des moments forts de cet Oxymore, notion illustrée à la perfection avec ce morceau. L’écoute continue avec « Macabre » qui introduit un chant féminin avec la présence de Valérie Chantraine du groupe metal gothique Penumbra, pour un duo vocal mélodique au milieu d’une véritable déflagration sonore. «Where sunshine cannot be met » nous entraîne entre metal symphonique et deathcore.
Et puis arrive « Figure Of Echo ». L’album prend alors un tournant plus mélodique, plus metalcore. L’intro est confiée à la guitare et non plus au piano, mais surtout, le chant clair prend une place plus importante. « Lost In a Circle » propose des couplets assez énergiques, limite rappés, s’opposant à un refrain plus lent, où l’émotion se fait ressentir. « Jikan » nous immerge dans une ambiance plus atmosphérique… jusqu’à l’arrivée en puissance des instrus et du chant. La guitare se fait aérienne le temps d’un solo, tandis que le refrain, ultra mélodique, s’impose facilement en tête. Sur « Home », autre moment fort de l’album, Kheos invite Orianne, chanteuse du groupe metal alternatif lillois AĦNA, dont la voix se marie parfaitement à celle de Aimane. La musique exprime à la fois violence et sensibilité avec beaucoup d’intensité. « Echoes of Tomorrow » poursuit dans cette veine metal moderne, puis « Solitude of Kahoanashi » clôt l’album sur une rythmique plus lente, telle une ballade, à mille lieues du morceau d’ouverture, accentuant une dernière fois cette impression de contraste qui a accompagné l’écoute de chaque morceau.
Kheos signe un premier album efficace et bien travaillé dans son ensemble. Plutôt que de proposer une simple collection de morceaux, le groupe dévoile un concept intriguant, un album avec une identité double qui se révèle telle les deux faces d’une pièce, ou plutôt d’un disque – d’un côté la violence, de l’autre la sensibilité – mais aussi dans les détails de chaque morceau. Un pari peut-être risqué, mais réussi.
